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Dans son premier roman « Atlas Nègre », Bruno Pellegrino retrace
deux voyages loin du Gros-de-Vaud. Il montre que, l’on ne voyage
pas de la même manière en solitaire ou en couple. Dans cet
aller-retour entre deux histoires, on retrouve une série de
questionnements sur l’implication humanitaire à Madagascar ou
l’attrait de paysages paradisiaques en Asie. C’est un livre sur
les choix, le rapport aux autres et à soi-même.
L’auteur ne produit pas seulement une œuvre littéraire comme
dans sa nouvelle « L’idiot du village » Buchet/Chastel) pour
lequel il fut lauréat du prix du jeune écrivain en 2011, il
apporte un éclairage sur la perception du monde et remonte le
fil de ses histoires à la 3ème personne. « Je devais mettre une
distance avec mon personnage et mes propres expériences. A mon
retour de voyage une question forte se posait : que faire de
tout ça ? La volonté de ne pas perdre en route les émotions m’a
fait choisir une mise en forme. Je m’en suis remis au tri de la
mémoire puis j’ai peaufiné les détails jusqu’au lâcher prise
grâce aux délais de parution. Dès lors je me suis senti libéré».
Depuis 2012, Bruno Pellegrino est actif au sein de l’AJAR,
(Collectif d’écriture qui regroupe des jeunes écrivains jusqu’à
35 ans) dont il est cofondateur et avec lequel il écrit et
performe, en Suisse comme à l’étranger. Il publie divers textes
dans des revues, journaux et recueils. «Les travaux d’écriture
pour l’AJAR nous éloignent de l’idéal castrateur du texte
parfait. On s’astreint à une forme d’efficacité tenue par des
délais impératifs et c’est une expérience d’écriture très
enrichissante ». Vivre de sa plume ? Difficile à imaginer pour
le jeune écrivain qui se plait à construire un avenir autour et
pour l’écriture. « Actuellement tout ce que je fais est avec un
regard littéraire. Je ne sais pas si je pourrais me diriger dans
une autre voie. Après avoir terminé mon master en littérature à
Lausanne avec un semestre à Berlin et un à Venise j’ai travaillé
comme indépendant. Actuellement, je réalise l’inventaire des
archives d’Anne Cuneo pour le Centre de recherche des lettres
romandes à Dorigny. Parallèlement je travaille à un nouveau
projet d’écriture. Je traverse une période de transition de
façon sereine ». Le soleil qui fait un timide retour sur la
petite place de l’Hôtel de Ville à Echallens lui arrache un
sourire désarmant. Soudain il confie : « Un jour je me dirai
vite les valises. Connaître une ville que par son nom sous une
lumière parfaitement inédite.
Atlas Nègre, Bruno Pellegrino Tind Editions, 2015, en librairie.
Dany Schaer
Décembre 2015
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