Entrée générale du site

 

Reportage: François Brélaz au Burkina-Faso

Page précédente

Page suivante

De Cheseaux à Ouahigouya (Burkina-Faso)

Un élu sur la route de l’humanitaire

Ancien buraliste postal, député au Grand Conseil, François Brélaz est un aventurier dans l’âme. Il conduit son 4 x 4 Toyota Hilux jusqu’au Burkina-Faso. Le véhicule chargé de matériel restera là-bas chez ses amis dans une ONG du Burkina-Vert. Un élan du cœur de 7500 km.

Retour
François Brélaz
Retour

 
Le politicien connu pour ses avis tranchés et ses coups de gueule n’est pas prêt d’abandonner les sujets brûlants. Il profite de la pause estivale et traverse les déserts, brave les tempêtes de sable pour venir en aide aux plus démunis. Aider les autres au bout du monde pour que la vie reprenne ses droits. Fantastique espoir de voir le Burkina-Faso reverdir et nourrir correctement ses habitants.

Deux jours après son retour, nous l’avons rencontré. Son principe : « Pour aider l’Afrique il faut le faire chez elle ! ».

Vous êtes député UDC, un parti plutôt sévère avec les réfugiés économiques. Votre démarche d’aide humanitaire peut surprendre. Pourquoi le choix de l’Afrique ?
Parce que l’Afrique appartient aux africains. Ils ont leurs coutumes, leur mentalité, leur langue et il est normal de venir en aide à ces pays. Nous en avons les moyens et en leur apportant technique, matériel, appui financier pour un développement durable, nous contribuons à la prospérité du pays. Je me suis intéressé à l’Afrique par l’ONG Nouvelle Planète il y a dix ans.

Vous vouliez démontrer que partir seul en 4 x 4 pour l’Afrique n’est pas une chose déraisonnable. Un défi personnel ?
J’y pensais depuis longtemps et à un moment donné il faut y aller. Onze jours de route et 7500 km à parcourir. J’avais conscience que je n’avais pas droit à l’erreur. Les conditions de voyage sont difficiles et les dangers réels. La chaleur est suffocante, à Tanger, le ferry embarque une quantité impressionnante de voyageurs. Les gens sont affalés partout, les enfants crient, les bébés pleurent. Une vraie cour des miracles.

Le passage des douanes, les contrôles de police, des contacts pas toujours faciles?
Il faut être patient ! Des heures d’attente dans les douanes. Dans le Sahara occidental, une région revendiquée par le Maroc alors que voici quelques années les Saharouis revendiquaient leur indépendance, il y a un contrôle de police tous les 50 km. En Mauritanie, je voulais faire du change, le guichet me ferme la porte au nez, c’est l’heure de la prière. A la douane le chef fait sa sieste, Il faudra revenir 5 heures plus tard. Le temps d’une demande en mariage. Une jeune femme de 18 ans avec un enfant en bas âge vend des bricoles aux abords de la douane. Elle n’hésite pas à me demander de l’épouser. Plus tard des membres de l’ONG m’expliqueront que ces demandes sont fréquentes. Pour cette jeune femme, un européen, même âgé, représente trois repas par jour, pour elle et l’enfant.

Et la tempête de sable ?
C’était près de Nouakchott. Le sable dans les yeux dans la bouche, les fenêtres fermées et les gouttes de sueur qui coulent sur les lunettes. Sur la route des dunes de sable et les véhiculent qui foncent pour se faire un chemin. Après plus de 900 km de route j’arrive exténué, sale, hirsute et je m’installe dans un petit hôtel. Une douche, dormir, un vrai bonheur. La Mauritanie est musulmane et les hommes ne veulent pas que leurs femmes, qui portent le voile, travaillent en contact avec des étrangers. Ce sont des sénégalaises qui travaillent dans les hôtels. Elles sont très belles !

La corruption, un réel problème ?
Tout a un prix ! Il faut rester constamment vigilant et être conscient que tout le monde est à l’affût de l’argent. Il faut faire avec la corruption et payer pour la moindre démarche. C’est une façon de fonctionner qui est pénible mais qui fait partie du système.

Et l’accueil dans l’ONG Burkina Vert ?
Très chaleureux et ils feront le meilleur usage du véhicule j’en suis certain. Je les connais depuis 10 ans et je peux constater tous les progrès réalisés et le développement des infrastructures.

De retour en Suisse, vous ne vous sentez- pas un peu à l’étroit dans notre petit pays occupé à ses querelles de parti ?
Je garde ma liberté d’expression. Je défends des valeurs auxquelles je crois et je demeure convaincu que l’aide humanitaire doit être réalisée dans les pays concernés. Même si la corruption, la toute puissance de la police et de la bureaucratie peuvent paraître paralysantes.

Et la vie au sein du Grand Conseil ?
Elle me passionne. J’aime étudier les dossiers et être actif dans l’organisation de notre pays. Et cet apport financier me permet d’aider l’ONG du Burkina Vert.

Vous aimez les défis, vous êtes un brin provocateur, les voyages vous séduisent, avez-vous peur de l’ennui, du temps qui passe ?
Avec l’âge, le temps qu’il reste pour réaliser des choses est limité. Le voyageur porte du rêve et il est vrai je préfère la « folie » à l’ennui. J’aurai tout le temps de me reposer après.

A votre avis qu’est-ce que l’on pourrait changer là tout de suite pour que le monde aille mieux ?
Je propose à tous ceux qui estiment que l’on ne fait pas assez qu’ils commencent par s’engager personnellement.
 

Petite biographie

François Brélaz est né le 16 octobre 1939. Apprentissage de fonctionnaire postal en 1956. Après une carrière professionnelle à l’Office des ambulants de Lausanne il reste les 13 dernières années comme buraliste postal à Cheseaux. Athlète de grand fond il termine 7 fois la course à pied des 100 km de Bienne. De 1982 à 1989, date de la chute du communisme dans les pays d’Europe centrale, il est en contact constant avec les dissidents tchécoslovaques. Il entre à l’UDC lorsque le parti lance une initiative demandant que les recettes obtenues par la vente de l’or excédentaire de la BNS soient consacrées à l’AVS. Il s’engage pour le Burkina Faso en 2000. Marié et père de deux enfants majeurs, il est élu député en 2002.

 
ONG Burkina Vert, www.burkina-vert.org

Dany Schaer

Paru dans l’Echo du Gros-de-Vaud, août 2010

Retour
La route
Retour
La piste
Retour Retour Retour
Le gardien du Burkina vert
Retour Retour
François Brélaz

Page précédente

Dany Schaer - Journaliste-photographe

Haut de page